« Jonas Vingegaard doit se durcir » : Le leader de Visma remis en question sur sa stratégie face à Tadej Pogačar
Jonas Vingegaard est l’une des figures emblématiques des Grands Tours modernes. Pourtant, alors que sa rivalité avec Tadej Pogačar continue de façonner le cyclisme, des questions se posent quant à la nécessité pour le leader de Visma | Lease a Bike de revoir son approche pour conserver son statut de leader. Le débat a été relancé par une remarque sans détour d’un autre Danois du peloton professionnel, qui a suggéré que Vingegaard devait « se durcir » s’il voulait battre régulièrement son grand rival slovène.
Cette remarque a rapidement fait le tour du monde cycliste, non pas parce qu’elle remet en cause le talent de Vingegaard, mais parce qu’elle interroge sa façon de courir. Reconnu pour son calme, son rythme calculé et l’exécution quasi scientifique de ses plans de course, Vingegaard a bâti son succès sur la précision plutôt que sur la bravade. Ses victoires au Tour de France ont été acquises grâce à la patience, la maîtrise et la force collective de la stratégie d’équipe Visma, réputée pour son organisation impeccable.
Cependant, certains critiques estiment que cette méthode peut parfois donner à Vingegaard une apparence réactive plutôt que dominante face à Pogačar. Le style de course agressif et instinctif du Slovène met souvent ses adversaires sous pression psychologique, les obligeant à réagir à des attaques répétées au lieu de mener la course. Selon son compatriote, Vingegaard doit être prêt à souffrir davantage, à prendre plus de risques et à se montrer plus incisif dans les duels.
Cette critique révèle une différence plus profonde entre les deux stars. Pogačar excelle dans le chaos, lançant des attaques surprises dans les ascensions, les descentes et même sur le plat, tandis que Vingegaard brille lorsque la course est maîtrisée et que l’énergie est économisée pour les moments décisifs. Lorsque le plan de Visma fonctionne à merveille, Vingegaard semble intouchable. Mais lorsque les circonstances deviennent imprévisibles – mauvais temps, accélérations soudaines ou tactiques non conventionnelles –, le Danois peut paraître momentanément vulnérable.
Au sein de Visma | Lease a Bike, le débat est probablement perçu différemment. La direction de l’équipe a toujours insisté sur le fait que la plus grande force de Vingegaard réside dans sa discipline et sa confiance dans le processus. Elle ne voit aucune nécessité pour lui d’imiter le style de Pogačar, arguant plutôt que la régularité et le travail d’équipe sont les clés de la victoire sur les courses de trois semaines. Pourtant, même au sein du camp, on comprend que les écarts au sommet se réduisent et que l’évolution est essentielle.
Le moment choisi pour ces critiques est significatif. Alors que les prochains Tours de France s’annoncent encore plus explosifs et que Pogačar continue de perfectionner ses qualités globales, Vingegaard se trouve à un tournant de sa carrière. La question n’est pas de savoir s’il est suffisamment fort – son palmarès répond déjà à cette question – mais s’il peut ajouter une dimension supplémentaire d’agressivité mentale et d’adaptabilité à sa course.
Pour les fans, ce débat ne fait qu’alimenter ce qui est déjà l’une des plus grandes rivalités du cyclisme. Que Vingegaard choisisse d’adopter une approche plus agressive, comme le suggère son compatriote, ou qu’il persiste dans la méthode calme et rigoureuse qui lui a permis de triompher, ses prochains duels avec Pogačar seront scrutés de près. Une chose est sûre : à l’ère du cyclisme de haut niveau, l’immobilisme n’est plus une option, et chaque mot, chaque tactique, chaque coup de pédale revêt désormais une importance capitale.
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